LA THÉORIE DE LA TECTONIQUE DES PLAQUES :

PENSER SAVOIR OU SAVOIR PENSER ?

Depuis les années 60s la théorie de la tectonique des plaques (disons TTP pour ce document) semblait devenir la clé pour comprendre tous les aspects de l’histoire de la terre. Aujourd’hui elle est enseignée comme une vérité sûre par la plupart des facultés des sciences de la terre à travers le monde. L’étudiant apprendra comment la TTP explique la formation des montagnes, la formation des fonds océaniques, la cause des séismes et aussi comment le monde des vivants se serait adapté au cours des ères géologiques.

S’il est exposé à certaines données et publications ce même étudiant sera surpris ou choqué d’apprendre que :

 

  • La TTP est incapable d’expliquer certains aspects des orogenèses (formation des montagnes) ;
  • Plusieurs grandes sections du plancher océanique sont incompatibles avec l'expansion des fonds océaniques ;
  • La radio-datation directe des roches océaniques n’a jamais pu soutenir l’expansion océanique, paradigme indispensable à la TTP ;
  • Plusieurs sismologues ont mis de côté la TTP, la trouvant infructueuse pour expliquer leurs données.

Comment plusieurs facultés de géologie en sont venues qu’à ignorer ces difficultés ? En fait la TTP a conquis le publique de toutes âges parce qu’elle pose des questions accessibles en donnant des réponses simples. En regardant un globe terrestre tout observateurs, même les enfants, sont intrigués par le parallèle entre les contours des deux Amériques et ceux de l’Afrique et l’Europe. Depuis des décennies nous avions sous les yeux ce puzzle bien grandiose. Plusieurs géographes et géologues ont émis l’idée que cette corrélation était plus qu’une coïncidence : Antonio Snider Pellegrini en 1858, Alfred Wegener en 1912, Boris Choubert en 1935, Alexander du Toit en 1937, Bullard, Everett et Smith en 1965. Bullard et ses collègues furent les premiers à utiliser une projection par informatique. Cependant ils ont choisi une profondeur des marges qui convenaient au meilleur collage apparent. Ils ont oblitéré une grande partie de l’Amérique Centrale sans compter les autres difficultés comme le sud de l’Amérique du Sud. D’autres experts ont tenté de parier à ces difficultés sans résultats satisfaisants. Tous ces collages avaient leur part de subjectivité. Aussi, ces pionniers de la TTP étaient conscients qu’en rapprochant ces continents à mi-chemin d’une fermeture complète, apparaissait une corrélation bien plus étonnante : Les contours des continents s’agençaient avec un parallélisme frappant et plus étonnant encore avec celui de la dorsale océanique bien centrée dans le grand gap et cela de l’Islande jusqu’à l’extrémité sud de l’Atlantique. En géologie une telle corrélation, aussi étonnante soit-elle, peut facilement tomber aux oubliettes si on n’y trouve pas d’explication.

Au lendemain de la deuxième guerre mondiale débute une nouvelle aire pour l’océanographie. L’engouement pour la TTP a amené bien des géologues à croire que la croûte océanique se devait d’être jeunes (Juras au Tertiaire) et composée essentiellement de gabbro et basalte recouvert de sédiments marins. Pourtant beaucoup d’océanographes ont reconnus avoir trouvé de grands morceaux de continents gisants dans le plancher océanique. Le dragage océanique ne pouvait mentir. En retour, le forage en haute mer demeure trop superficiel pour trancher sur cette question. Malheureusement trop de facultés n’exposent pas leurs étudiants à cet aspect de la croûte océanique.  Le nouveau navire japonais d’exploration océanographique, le Chikyū, aurait la technologie pour forer à des profondeurs telles que nous pourrions percer les mystères du plancher océanique. En attendant les résultats du Chikyū nous pourrons nous étonner des résultats de la CARTE DES ANOMALIES MAGNETIQUES DU MONDE (Korhonen, J.V. et al., 2007).

 À des milliers de km des marges continentales les fonds océaniques émettent des signaux magnétiques identiques à ceux émis par la croûte continentale. Le plus étonnant est que ces mystérieuses surfaces ont des contours parallèles aux marges continentales et à la dorsale médio-océanique. Keith (2010) développe une analyse détaillée de cette carte et remet en question les aprioris dogmatiques de la TTP concernant les fonds océaniques.

 

Nous pourrions même simuler une dérive des continents en utilisant ces pourtours comme l’a fait Keith (2010). Dans ce modèle le déplacement des continents est deux fois moindre. Il serait tentant de simplement réviser la TTP en agrandissant la Pangée (le supe continent avant sa dislocation). Mais ce modèle demanderait une révision complète d’un des paradigmes les plus importants de la TTP à savoir l’interprétation des zones de fractures océaniques.

 

 

Ces fractures ne sont pas des failles (à part les sections de failles transformantes) à proprement dit mais l’empreinte de la fabrication du plancher océanique pendant le processus d’expansion au niveau de la dorsale. Dans ce modèle il est impératif d’assumer les points suivants :

 

  • La fondation des continents est de l’âge précambrienne, postulat accepté de tous : Nous marchons dessus !
  • La Pangée s’est morcelée à la fin du Trias et au début du Juras.
  • L’Atlantique ne peut pas être plus anciennes que le Juras et constituer de gabbro et basalte.
  • Les zones de fractures océaniques ne peuvent donc pas être plus vielles que le Juras.

 

En acceptant qu’une partie du fond océanique soit continental (de par le signal magnétique) on est forcé de croire que les zones de fractures qui la traversent sont précambriennes. Cela remettrait complètement l’interprétation de ces zones selon la TTP. L’orthodoxie ne serait pas près de faire une telle concession. Cet establishment à d’ailleurs résister des décennies à accepter les données soutenant la continuité entre zones de fracture et structures continentales. L’océanographe Xavier Le Pichon était lui-même troublé entre l’alignement de la fracture de la Romanche et les linéations précambriennes de la côte africaine. Si Le Pichon avait dévoué un peu de temps à la collecte de d’autres indices du genre il aurait vite constaté les faiblesses de la TTP. Entreprendre une telle avenue va à l’encontre de l’engouement de la théorie en vogue pour nous reclure dans une minorité marginale.

Romanche FZ

L’étude de la déformation du socle ancien des continents se nomme basement tectonics (tectonique du soubassement). Pendant 3 décennies, les groupes de recherche de cette discipline ont tenté de percer les mystérieux processus à la base de nos continents (Voir IBTA Publications, 1974-2004).  Cette science a mis en évidence des corrélations contraignantes pour la TTP.

Le relevé gravimétrique des Etats-Unis (Hildenbrand et al., 1982). Barosh (1987) traça les longs linéaments des structures précambriennes. Geodoxa ajoute ici la carte du fond de l’Atlantic (Warnken, 2001) avec les zones de fracture en jaune. Il semble bien y avoir une prolongation entre les linéaments des deux croûtes.

Le relevé gravimétrique des Etats-Unis (Hildenbrand et al., 1982) met en évidence la structure précambrienne du soubassement. La carte révèle de longs linéaments (Barosh, 1987) courbes qui traversent entièrement le continent. Ces failles bordent de longues bandes de la croûte continentale qui furent décalées latéralement les unes par rapport aux autres. Le plus intrigant c’est que ces lignes se prolongent avec les zones de fracture de l’océan Atlantique. Est-ce une coïncidence ? Ces longues bandes sont des structures très anciennes alors que l’océan est supposé être plus jeunes (Juras au Tertiaire). Plus d’un milliard d’années d’écart devraient séparer les âges des deux croûtes. Un autre aspect étrange c’est la constante ‘réjuvénation’ des soubassements de tous les continents à travers tous les âges. Nous ne traiterons pas ici ce mystère insoluble de la géologie.

Kinsland (1983) a même proposé un important décrochement de faille le long d’un des plus importants linéaments des USA. En observant les images de ce mouvement dans le diaporama ci-joint, on perçoit bien les juxtapositions des anciennes structures du soubassement précambrien. Les deux parties de la croûte continentale auraient pu de cisailler à la période précambrienne. Cette structure semble se prolongé avec les fractures océaniques.

Certains géologues ont extrapolé les tracées de ces linéaments à l’échelle du globe. À titre d’exemple, nous citons les travaux de Neev et Hall (2000) sur leur théorie dite ‘slice tectonics’. Les lignes des zones de fracture océanique semblent se poursuivent avec celles des linéaments continentaux. Pour certains tectoniciens, l’interprétation de ces alignements n’est pas évidente dans le contexte de la TTP.

La théorie dite ‘slice tectonics’ selon Neev et Hall (2000). Pour certains tectoniciens, l’interprétation de ces alignements n’est pas évidente dans le contexte de la TTP.

 

CONNAÎTRE LES MYTHES

PENSER SAVOIR OU SAVOIR PENSER ?

In the are 370 and 450 30’ N and 19-350 W, an area greater than 800,000 km2, thousands of outcrops of Proterozoic and Paleozoic rocks appear to be present. Many granite block were found by dredge haul.

Références :

 

 

Barosh, P.J., 1987, Neotectonic Framework of the United States, in Basement Tectonics 7: Proceedings of the Seventh International Conference on Basement Tectonics, held in Kingston, Ontario, Canada, August 1987, Page 277.

 

Hildenbrand, T.G., R.W. Simpson , R.H. Godsen and M.F. Kane, 1982,

‘Digital colored residual and regional Bouguer gravity maps of the conterminous United States with cut-off wavelengths of 250 km and 1000 km’U.S. Geol. Survey Geophysical Investigation Map, Map GP-0953-A

 

Kinsland, G.L., 1983, Transcontinental Transform Fault Across North America, Basement Tectonics 5: Proceedings of the Fifth International Conference on Basement Tectonics, held Cairo, Egypt in 1983, p.267.

 

Neev, D., Hall, J.K., 2000. Whole mantle convection as the cause of the spiraling global system of lithospheric

geosutures. GSI Current Research 12, 168–176.

 

Warnken, R., 2001, Global Relief Images, 2-Minute Gridded Elevation Data, NOAA/National Geophysical Data Center, Boulder, Colorado, Download at http://www.ngdc.noaa.gov/mgg/image/2minrelief.html .